Booster vos relations interpersonnelles grâce à l’Analyse Transactionnelle

Créée en 1958 par le médecin psychiatre et psychanalyste Éric Berne (1), l’Analyse Transactionnelle ou AT est une théorie qui décrit les « états du Moi  » (Parent, Adulte, Enfant), et étudie les phénomènes intra-psychiques à travers les échanges relationnels de deux personnes ou plus, appelés  « transactions  » (échanges verbaux et non verbaux).

Selon l’AT, dans les relations interpersonnelles, les signes de reconnaissance sont particulièrement utiles lors de feedback par exemple. Quand ils sont positifs, les signes de reconnaissance favorisent l’ouverture à l’échange, renforcent la relation collaborative et instaurent un climat de confiance. Ils permettent d’agir sur le levier « motivation » de chacun.

Les 4 types de signes de reconnaissance

L’Analyse transactionnelle distingue 4 types de signes de reconnaissance :

  • Verbal ou non verbal : « bonjour  » ou un clin d’œil, par exemple,
  • Positif ou négatif : un compliment ou une critique négative,
  • Conditionnel ou inconditionnel:
    • le premier est factuel, précis et circonstancié, il concerne le « faire »:  « ton compte-rendu est parfait » ou « ton repas n’est pas une réussite » ,
    • le second est relatif à l’ « Être » de la personne dans sa globalité : « je t’aime  » , ou  » je ne peux pas te supporter » ,
  • Obtenu par une demande directe (« que penses-tu de…  » ) ou indirecte (par un jeu psychologique par exemple).
La reconnaissance : un besoin vital

Dès sa plus tendre enfance, chaque individu, a besoin de recevoir des marques d’affection et d’attention de la part de son entourage, pour développer l’estime de soi.

Les signes de reconnaissance obéissent donc à une règle humaine fondamentale : mieux vaut un signe de reconnaissance négatif, que pas de signe de reconnaissance du tout!

Autrement dit : tout sauf l’indifférence.

Redisons-le: répondre à la soif de reconnaissance est un besoin vital. Vincent Lenhardt (2) parle de « survie psychologique » tant ce besoin est fondamental . Un enfant n’hésitera pas à faire une bêtise même s’il doit se faire réprimander par ses parents, s’il a le sentiment qu’ils ne font pas assez attention à lui.

De même, un adulte qui se sent mis à l’écart d’une réunion de travail, peut mettre en place des stratégies plus ou moins conscientes pour se faire remarquer en tapotant son stylo contre la table, ou en renversant son verre d’eau.

Donner des signes de reconnaissance ? Comment faire ?

Les signes de reconnaissance sont donc les « calories psycho-affectives » dont nous avons tous besoin pour nourrir la confiance en nous-même et l’estime de nous-même ; c’est pourquoi ces paroles valorisantes favorisent la mobilisation de vos collaborateurs.

Pour qu’ils soient efficaces, les signes de reconnaissance doivent être :

  • Sincères, car sinon ils auront des apparences de récupération
  • Appropriés à la situation, en choisissant bien le moment, le lieu et les circonstances pour les prononcer.
  • Dosés en fonction des besoins que vous percevez pour la personne
  • Fondés sur des faits quand ils sont conditionnels,
  • Adressés rapidement et argumentés
  • Adaptés à la personne, avec des mots ciblés
Comment gérer les signes de reconnaissance ?

C’est Claude Steiner (3), un proche d’Éric Berne et un pionnier de l’analyse transactionnelle qui a énoncé l’idée selon laquelle la manière dont sont gérés les signes de reconnaissance, dépend d’une croyance de pénurie (il n’y a pas assez de signes de reconnaissance positifs pour tout le monde). Depuis tout petits, nous avons appris à croire que le monde ne peut pas nous offrir autant de signes de reconnaissances positifs que ce dont nous avons besoin.

Cette croyance a ainsi conduit à l’élaboration des règles « économiques » suivantes dans notre esprit :

  • Ne demande pas les signes de reconnaissance dont tu as besoin (« Ils sont trop chers, on ne te les donnera jamais ! « )
  • Ne donne pas les signes de reconnaissance que tu souhaites donner (« Tu n’en auras plus ! »)
  • N’accepte pas les signes de reconnaissance dont tu as besoin (« En période de disette, il vaut mieux les stocker à la cave que les utiliser »)
  • Ne refuse pas les signes de reconnaissance dont tu ne veux pas (« signes de reconnaissance négatifs, de manipulation »)
  • Ne te donne pas à toi-même les signes de reconnaissance positifs (« C’est du gâchis ! »)

Ce qui, dans le milieu de l’entreprise, peut poser les questions suivantes :

  • Sur quelles bases se développe le « donner  » ? Avec des strockes (autre terme pour parler des signes de reconnaissance), du chantage, de la rétention ou des offrandes réelles ?
  • Sur quelles bases se fait le « refuser  » ? Par des oppositions, des rejets, des critiques ou une affirmation, une argumentation, une coopération, une recherche de synergies ?
  • Sur quelles bases se vit le « recevoir » ? Avec des disqualifications, des dévalorisations ou une amplification, un réajustement et des confrontations (et non des affrontements) ?
Ce qu’il conviendrait désormais de faire chaque jour….
  1. Demandez les signes de reconnaissance dont vous avez besoin.
  2. Donnez des signes de reconnaissance positifs et négatifs en évitant les signes de reconnaissance inconditionnels négatifs.
  3. Acceptez les signes de reconnaissance inconditionnels positifs, conditionnels positifs et négatifs qui répondent aux critères d’un signe efficace et constructif.
  4. Refusez les signes de reconnaissance inconditionnels négatifs et les signes de reconnaissance qui ne répondent pas aux critères précédents.
  5. Donnez-vous des signes de reconnaissance positifs et négatifs en évitant les signes de reconnaissance inconditionnels négatifs. Charité bien ordonnée commence par soi-même.

Et si nous commencions par donner ce que nous voulons recevoir… Ainsi, nous allons prendre l’habitude d’être en contact avec la reconnaissance. Et puis des rapports donnant-donnant, c’est mieux!.

Si dans le milieu professionnel, peu de gens sont enclins à envoyer des signes de reconnaissance, je vous invite à « amorcer la pompe » : c’est une bonne façon de s’attirer les marques de reconnaissance de la part des autres et d’améliorer considérablement vos relations. Et puis il est assez vain d’espérer qu’on nous donne ce qu’on n’est pas prêt à donner nous-même.

Croyez-moi: accordez aux autres la reconnaissance que vous voulez obtenir, et l’effet boomerang ne devrait pas tarder à se faire sentir.

Et comme toujours, n’oubliez pas de prendre soin de vous……

(1) Psychiatre américain, fondateur de l’analyse transactionnelle

(2) Ancien président de l’EAT (European Association for Transactional Analysis)

(3) Membre fondateur et enseignant de l’Association Internationale d’Analyse Transactionnelle.

 

 

 

Sophrologue, Formatrice en Entreprise.

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